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Archive pour 24 septembre 2008

Ricercar : un long poème frelaté

Mercredi 24 septembre 2008

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Ricercar, un spectacle de François Tanguy © DR

Mais qu’ont-ils tous à nous offrir en cette rentrée des spectacles en vrac, tissés de mille textes assemblés à la hussarde les uns aux autres ? Avec l’interdiction absolue de faire la fine gueule : avalez votre plâtrée et applaudissez, nous sommes des artistes, nous sommes en danger, ne nous faites pas défaut ! Et s’il nous arrivait d’en avoir marre, de crier à la saturation, trop de cirque, trop de grand-guignol, trop de bruit, trop de poésie frelatée et de plus en plus, si peu de respect pour les auteurs dont on charcute les textes. Ricercar, le nouveau spectacle acclamé de François Tanguy en est un exemple parfait. De la poésie livrée par camions-bennes dans un décor d’apocalypse et de désolation, on y braille des morceaux de textes que l’on vous propose de relire chez vous au calme. Pour enfin les comprendre, peut-être les mettre en perspective… Pour le reste, on baigne dans la sensation et le public est malheureux, enfermé et contraint dans une vision « sensorielle » qui n’a ni queue ni tête…

Ricercar, un spectacle de François Tanguy, Théâtre de l’Odéon – Ateliers Berthier, Paris, jusqu’au 23 octobre, puis en tournée dans toute la France.

Les impostures diaboliques de Guy Cassiers

Mercredi 24 septembre 2008

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Mefisto for ever © DR

On s’en voudrait même d’en parler, tant le spectacle nous a paru accablant et boursouflé. Guy Cassiers et son dramaturge Tom Lanoye triomphe ces jours-ci en ouverture du Festival d’Automne avec la reprise à Paris de sa « Trilogie du pouvoir », montré en Avignon cet été. Bien sûr, les comédiens sont de belle tenue, les éclairages éblouissants, mais ils ne parviennent pas à cacher la médiocrité d’un texte attrape-tout, bourré de clichés ampoulés. On brasse à la va-vite tous les mythes, on vous les colle sous les yeux sans que cela ne prenne sens. A fuir !

Guy Cassiers, Mefisto for ever, Théâtre de la Ville, Paris, septembre-octobre 2008.

Perthus : les folles en cage

Mercredi 24 septembre 2008

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Perthus © Kim Mariani

Quel naufrage pour commencer cette nouvelle saison théâtrale ! On se réjouissait de retrouver Jean-Marie Besset dans une pièce nouvelle, mais si nous avions tordu le nez à ses dernières pièces après le subtil « Commentaire d’amour » qui nous faisait découvrir Laurent Lucas au théâtre ! Mais, c’était autrefois, aujourd’hui, Besset, tout auréolé de son image de rare auteur français capable de monter son théâtre à Broadway et partout dans le monde, offre des spectacles de moindre qualité, faussement politiquement incorrect – celui-ci frappé d’une indigne misogynie. Une histoire éculée d’amitiés particulières qui ne trouve aucune issue, engoncée par de jeunes comédiens en pleine caricature et leurs mères jouées par des hommes. On rit peu à cette comédie qui se voudrait féroce, les situations sont attendues, le final bâclé.

Perthus, de Jean-Marie Besset, ms Gilbert Désveaux, Théâtre du Rond-Point, jusqu’au 26 octobre 2008.

Jari Silomäki : un paradis de bohème

Mercredi 24 septembre 2008

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Jari Silomaki, My weather diary © DR

« Il n’y a pas pire nomade que les rationalistes » Kant.

Jari Silomäki faisait les beaux jours d’une très belle exposition du PS1 MoMA de New-York, joliment intitulée « Arctic Hysteria ». Le finlandais que l’on avait découvert au Kiasma d’Helsinki en janvier dernier y présentait de pièces magnifiques, son journal photographique et un travail sur le deuil de sa grand-mère. La compagnie de Jari Silomäki est savoureuse, il vous emporte sur ses routes de doutes, d’introspection et de mille petites observations du quotidien, dont il tire une vraie philosophie de l’existence. Le travail est impeccable, les perceptions contemporaines, on est avec lui, on est lui. Idéale profession de foi.

Arctic Hysteria, P.S.1 Moma, New-York, jusqu’au 21 septembre.

La beauté des mondes d’Eliasson

Mercredi 24 septembre 2008

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Beauty, Olafur Eliasson, 1993 © DR

Un instant de paradis au PS1 MoMA de New-York. Trois créations plus anciennes d’Olafur Eliasson en écho à son projet « Waterfalls ». Une émotion de feu ardent, portée par un crachin fin d’arc-en-ciel ; un ciel de miroir qui tourne à la ronde, et une fontaine inversée, trois projets, trois belles idées qui marquent l’incandescence de l’Islandais, sa proximité avec les éléments et l’infinie poésie de son travail.

Olafur Elisson, PS1 Moma, New-York, jusqu’au 19 octobre.

Louise Bourgeois, la sorcière couturière

Mercredi 24 septembre 2008

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Louise Bourgeois, 1970 © Raimon Ramis

J’avais des a-priori nombreux. J’avais raté ses expositions à Paris et à Londres. La même rétrospective terminait sa course à New-York au Guggenheim comme un docile retour au bercail d’une femme maintenant vieille qui a vécu sa vie entre New-York et l’Europe. Il n’en était absolument rien, j’ai vu là une des plus belles expositions qui soient. Toute sa vie d’artiste, de plasticienne, de sculpteur qui déroule dans l’immense spirale du Guggenheim. Sa vie, son oeuvre et cette présence si forte, si féminine qui court d’une pièce à l’autre. Louise Bourgeois nous provoque, hurle sa condition de femme, d’artiste, brandit ses convictions, livre son travail, le reprend et le retravaille encore dans des obsessions de corps, de contraintes et de souvenirs. Apre et fulgurante, elle n’offre pas l’échappatoire du beau pour nous distraire. Ses oeuvres sont violentes et signifiantes : elles se donnent et vous compliquent la perception du monde, parce qu’elle ne lâchent rien des détails qui assombrissent nos existences que nous rêverions pourtant joyeuses à défaut d’être exceptionnelle.

Histoires d’O. à New-York

Mercredi 24 septembre 2008

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© DR

Le blog du New-York Times est en surchauffe ! Plus de 40 pages de commentaires et contributions assez en pétard contre les installations du plasticien islandais Olafur Eliasson. L’homme par qui le scandale arrive ! 15,5 millions de dollars pour implanter quatre gigantesques cascades sous les ponts de New-York entre les berges de l’East River, Brooklyn et Governor Island. Le résultat est, il est vrai, un peu décevant quand on a connu la magie des soleils dans la Turbine Hall de la Tate Modern à Londres. Sans doute parce que Eliasson a vu trop grand et que ce gigantisme sied mal à ses créations… Reste tout de même une vision, un engagement au service de l’environnement et de la qualité de vie que portent ses « phénomènes » géants qui soufflent une poésie de paysage dans un enfer de verre et d’acier…

Lire les commentaires sur le site du New-York Times.

Robert Mapplethorpe polaroïds

Mercredi 24 septembre 2008

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Charles and Jim (1973) © Robert Mapplethorpe Foundation

C’est une petite salle du Whitney Museum de New-York. On y accède par la mezzanine du 4ème étage après avoir croisé de beaux Edward Hopper, un Jackson Pollock et deux ou trois autres toiles de prestige. Plus loin, Robert Mapplethorpe offre en une courte exposition ses polaroïds. Bien avant ses fleurs vénéneuses et ses figures érotiques cuir vêtues, Robert Mapplethorpe a débuté sa carrière en photographiant au polaroïd ses amis et parfois leur amant, sa muse Patti Smith, ses compagnons de route new-yorkais (Candy darling, Andy Warhol, Marianne Faithfull), son compagnon Sam Wagstaff et encore d’étonnantes natures mortes qui sont déjà la préfiguration de ses chefs d’oeuvres. Ainsi, sobrement, en noir et blanc, le Whitney nous les donne à voir, comme les premiers moments d’une œuvre incroyablement « new-yorkaise ».

Robert Mapplethorpe, Polaroids, Whitney Museum, New-York, jusqu’au 14 septembre 2008.