Lorna perdue dans ses bois noirs

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© Diaphana Distribution

Quel film ! J’allais sans enthousiasme découvrir le film des frères Dardenne, la crainte encore du misérabilisme et de cette caméra trop tremblée, j’en reviens conquis. Ce film est beau, singulier par la richesse de ses personnages, puissant par sa retenue et ses ellipses qui font du récit de Lorna (Arta Dobroshi) un modèle de scénario d’ailleurs récompensé au dernier festival de Cannes.
Pour devenir propriétaire d’un snack avec son ami, Lorna, jeune immigrée albanaise, devient la complice d’un mafieux sans envergure, Fabio, qui lui arrange un mariage blanc avec Claudy, un jeune camé fragile et beau (Jérémie Rénier, parfait) pour qu’elle obtienne la nationalité belge et épouse ensuite un russe prêt à payer pour devenir belge. L’affaire, sur le papier, est simple, la suite le sera beaucoup moins parce qu’une nouvelle fois l’humanité terrible que filment Jean-Pierre et Luc Dardenne est faite de sentiments contraires, de ruptures et révoltes face à la fatalité la plus noire. Lorna se bat pour sa survie, ses modestes ambitions et celles de son compagnon qui ferme souvent les yeux, Lorna perd les pédales quand le cauchemar manque de lui faire quitter la vie. Un film noir amer.

Le silence de Lorna, un film de Jean-Pierre et Luc Dardenne (1h45). En salles.

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