Christine Angot : l’amour, l’amour, l’amour

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Christine Angot © Nan Goldin

On la moque, à la manière d’une Duras par Desproges ou d’une Sagan par Thierry Le Luron. Didier Jacob, critique littéraire au Nouvel Observateur, a du talent et son « Cucul la Christine » a la force des meilleurs papiers d’un Angelo Rinaldi. Pour Christine Angot, c’est sans doute le prix à payer, le sang à verser, les affronts à supporter pour le dépassement de soi. Christine Angot écrit. Tout et parfois, sans doute, n’importe quoi, mais son obsession à dire, à décrire les aléas de sa vie de grande amoureuse, à convaincre aussi est remarquable et bien au-dessus de la mêlée. S’en moquer est facile. Ce grand livre malade, volontiers désagréable, après plusieurs mois d’errances entre plusieurs éditeurs, a de grandes maladresses, des longueurs de conversations au téléphone ou de séances chez la voyante mais s’y dessine aussi le portrait d’une femme affranchie et d’un homme, Bruno Beausir, alias Doc Gynéco, qui mérite mieux que sa caricature. Si un roman est comme l’affirmait souvent le même Rinaldi » « une dépression dominée par la syntaxe », alors Christine Angot, dans la galaxie d’un Hervé Guibert, est une grande romancière. Dommage qu’elle n’ait pas à ses côtés, por travailler davantage ses textes, l’éditeur qu’elle mériterait.

Le marché des amants, Christine Angot, Le Seuil, 2008.

Service de presse, Angelo Rinaldi, Plon, 1999.

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