Gomorra ou la vie sauvage

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Gomorra, un film de Matteo Garrone © Le Pacte / DR

Il y a une part d’hypnose dans Gomorra, le film de Matteo Garrone, la même que celle produite par son précédent film L’étrange monsieur Peppino (2002), mais cette fois, le réalisateur, né à Rome en 1968, a trouvé avec l’aide du journaliste-écrivain Roberto Saviano, un sujet d’exception : la camorra qui gangrène Naples et ses environs. Grand Prix du festival de Cannes 2008, Gomorra a ces jours-ci les honneurs de tous les médias. Le film, par sa mise en scène sans effet et la direction de ses acteurs pour certains amateurs, le mérite amplement, mais ce qui étonne absolument, c’est son âpreté et finalement la capacité des auteurs à ancrer la fiction dans une puissance documentaire rarement égalée. Alors qu’importe si les personnages pour une part restent flous, ce qui irrigue le film, c’est la misère humaine mêlée de sauvagerie dans laquelle se confondent un tailleur sympathique, deux cinglés se prenant Tony Montana dans Scarface, un gang prenant le dessus sur un autre, un vieux « banquier » ou encore un affairiste, prêt à faire conduire des camions remplis de produits toxiques par des mômes. Au milieu de ce torrent de violence, un jeune homme renonce. Jusqu’où le laissera-t-on aller ?

Gomorra, un film de Matteo Garrone (2h15). En salles.

Gommorra, Roberto Saviano, Editions Gallimard, 2008.

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