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Archive pour 15 août 2008

Gomorra ou la vie sauvage

Vendredi 15 août 2008

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Gomorra, un film de Matteo Garrone © Le Pacte / DR

Il y a une part d’hypnose dans Gomorra, le film de Matteo Garrone, la même que celle produite par son précédent film L’étrange monsieur Peppino (2002), mais cette fois, le réalisateur, né à Rome en 1968, a trouvé avec l’aide du journaliste-écrivain Roberto Saviano, un sujet d’exception : la camorra qui gangrène Naples et ses environs. Grand Prix du festival de Cannes 2008, Gomorra a ces jours-ci les honneurs de tous les médias. Le film, par sa mise en scène sans effet et la direction de ses acteurs pour certains amateurs, le mérite amplement, mais ce qui étonne absolument, c’est son âpreté et finalement la capacité des auteurs à ancrer la fiction dans une puissance documentaire rarement égalée. Alors qu’importe si les personnages pour une part restent flous, ce qui irrigue le film, c’est la misère humaine mêlée de sauvagerie dans laquelle se confondent un tailleur sympathique, deux cinglés se prenant Tony Montana dans Scarface, un gang prenant le dessus sur un autre, un vieux « banquier » ou encore un affairiste, prêt à faire conduire des camions remplis de produits toxiques par des mômes. Au milieu de ce torrent de violence, un jeune homme renonce. Jusqu’où le laissera-t-on aller ?

Gomorra, un film de Matteo Garrone (2h15). En salles.

Gommorra, Roberto Saviano, Editions Gallimard, 2008.

Weegee : les gens de New York

Vendredi 15 août 2008

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© DR

Weegee, toujours… Le photographe new-yorkais Arthur Fellig, plus connu sous le pseudonyme de Weegee (1899 – 1968), fait des siennes à Montpellier. Les clichés de la collection Auer sont rassemblés pour une impressionnante virée dans le New-York du milieu du siècle dernier. Photographe indépendant travaillant pour Herald Tribune, The Daily Mirror, New York Daily News, Life, Vogue, Sun, Weegee est le premier et seul photographe à avoir le privilège d’être branché sur la radio de la police. Ce dispositif lui permet d’arriver sur les lieux de crimes, d’accidents, d’incendies, de suicides, en même temps que les policiers, voire avant eux. Scènes de crime, pauvreté des sans grades vaincus par la crise de 1929, alcooliques en goguette ou déjà tombés dans la nuit de Brooklyn, dames très chics saisis à quelques minutes d’une première d’opéra, incendies de buildings, foule en liesse sur les plages de Coney Island, enfants endormis dans les escaliers par des nuits trop chaudes, animaux des cirques, dans sa boulimie, le photographe est de tous les instants. Une nouvelle rétrospective, oui, mais, impossible de se lasser de ces images qui participent de notre fascination pour New York, cette ville qui comme Weegee ne dorme jamais !

Weegee, the famous Collection M+M Auer, Pavillon populaire, esplanade Charles-de-Gaulle, Montpellier, jusqu’au 14 septembre. Entrée libre

Les sept jours : parents et alliés

Vendredi 15 août 2008

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© Les Films du Losange.

Ce film n’a rien d’aimable ; encore moins de compassionnel. Une famille, en Israël, est en deuil. Un deuil de sept jours pour pleurer le fils, le frère mort, un soir, sans doute prématurément, d’avoir trop bu, trop dansé, d’avoir trop aimé la vie, psalmodiera sa femme. Autour d’elle et de ses fils effacés, parents et alliés se retrouvent et s’enferment pour sept jours en communauté, au moment où l’entreprise familiale périclite et que la guerre de 1991 provoque des alertes incessantes. Dans ce chaos, Ronit et Shlomi Elkabetz filment les élans du cœur, les haines recuites et jamais dites d’une grande fratrie : tous ensemble, mais tous différents. Tous ensemble, mais chacun englué, en souterrain, dans ses tourments personnels. La vie arrêtée par la mort d’un tiers oblige ce rassemblement que certains exigent dans la stricte observance des traditions, kaddish, pleureuses et nourriture kasher compris, dont d’autres profitent pour le transformer en règlement de comptes. L’absence du frère, enterré à même la terre dès la première, n’est pas ici l’essentiel, ce qui compte c’est la chorale des sentiments de cette famille ordinaire saisi par le deuil. Doucement ces souffrances se dévoilent et soudain l’orage éclate. Filmés en plans séquences, portés un casting épatant (Simon Abkarian, Sulika Kadosh, Gil Frank, Hanna Laszlo, Yehiel Elkabetz), ces sept jours commencent lentement, comme une longue procession, avant que les personnages ne se révèlent l’un après l’autre, pour finir en une explosion de rage magnifique comme seules les familles peuvent en contenir. Un film de tonnerre exigeant. A découvrir aussi pour la sévère Vivianne, interprétée par Ronit Elkabetz, présente devant et derrière la caméra.

Les sept jours, un film de Ronit et Shlomi Elkabetz (1h55). En salles.