Darling chérie

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Marina Foïs © DR

Il y avait une chanson de Barbara qui disait « Déménage Lucie, déménage, c’est peut-être ta région qui veut ça ». Darling, lointaine cousine normande et héroïne de Jean Teulé (Editions Juillard) a toujours voulu quitter sa campagne. Après le récit de Jean Teulé, elle a trouvé une nouvelle existence dans le beau et âpre film de Christine Carrière (prometteur « Rosine » avec une Mathilde Seigner débutante, étrange et fragile « Qui plume la lune ? » avec un Jean-Pierre Darroussin impressionnant), sorti de manière trop confidentielle au cinéma l’an passé.
Espérons que le DVD disponible depuis quelques jours permettra au film de trouver un nouveau public car comme le dit Claude Chabrol dans les bonus, ce film « tient du miracle » : la rencontre d’une réalisatrice avec une histoire singulière, celle avec des comédiens (Marina Foïs et Guillaume Canet, mais il faudrait aussi citer la petite Darling, et encore toute la famille sans oublier la gentille Mme Clément), celle avec une équipe technique qui fait de ce film un objet rare, d’une violence inouïe sans qu’il ne sombre jamais dans la complaisance ou le voyeurisme. Darling a souffert, c’est peu de le dire : les années de bonheur sont au nombre de six et pas une de plus. Vie de paysanne, violence familiale et conjugale, qu’espérer quand tout est si mal parti ? Alors Darling rêve tout se prenant des coups, des plumes et des cailloux dans le corps. De quitter la ferme d’abord, d’aimer un routier ensuite, puis de retrouver ses enfants illettrés que son routier lui a enlevé et maltraite. Puis vivre tout simplement, le regard accroché aux plaques d’immatriculation de ces poids lourds qui la font tant voyager, immobile et convalescente.

Darling, un film de Christine Carrière (2007). En DVD.

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