Un conte de Noël : la sarabande de Junon

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Anne Consigny, Hippolyte Girardot et Catherine Deneuve : « Un conte de noël » © DR

Famille, je vous hais mieux que je vous aime ! Quel film et quel drôle de bonheur que ces 2h30 passées à Roubaix avec Abel (Jean-Paul Roussillon) et de Junon Vuillard (Catherine Deneuve), leur famille (Anne Consigny, Melvil Poupaud, Mathieu Amalric) et autres parents (Laurent Capelluto) et alliés (Chiara Mastroianni, Hippolyte Girardot, Emmanuelle Devos, Françoise Bertin) ! « Un conte de noël » d’Arnaud Desplechin est un grand film détestable, malade de la méchanceté naturelle de son auteur, fragile de la pudeur furieuse avec laquelle il met en scène cette famille à quelques heures de Noël. Aux premiers plans, Junon prépare du thé, son regard se brouille, et le plateau tombe dans le couloir. Junon est malade, seule une greffe de moëlle épinière pourrait la sauver. Déjà, son vieux mari cherche le donneur compatible. Ce sera Henri, le fils maudit, le fils banni par sa soeur Elisabeth de la famille, exceptionnellement réunie, tourments collectifs et affects individuels compris, autour du sapin de Noël. Avec une férocité étonnante, Arnaud Desplechin filme l’envers et l’endroit du décor, les conversations secrètes, fouille les journaux intimes comme un mathématicien fou à la recherche d’un théorème, superstitieux à trouver une martingale pour mieux comprendre ce qui nous fait vivre et finalement mourir tous les jours un peu plus…

Un conte de noël, un film d’Arnaud Desplechin. En salles.

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