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Archive pour 26 juillet 2008

Lighter : la disparition de Wolfgang Tillmans

Samedi 26 juillet 2008

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« Truth Study Center » une installation de Wolfgang Tillmans © DR

Le photographe que nous aimions tant a disparu. Adieu, les foules de gay pride berlinoises, cette bande d’amis photographiés au gré de leurs vies à Londres, Paris, Berlin, pantalons baissés et sexe dressé, fini les éclipses et le concorde dans le ciel, fanés les bacs à fleurs, chêne et chanvre, le pommier de balcon, remballées les sculptures de t-shirt, sweats et shorts de lycra bleu, les natures très mortes. En quelques années, le photographe allemand Wolfgang Tillmans, auquel la Hamburger Banhof de Berlin offre une belle rétrospective, est devenu plasticien, se consacrant à des travaux très abstraits sur la couleur, la lumière et la matière. Est-ce une nouvelle direction ou un passage à vide ? On voudrait retrouver l’homme aux portraits et l’activiste très engagé aux installations « Soldiers » et « Truth Study Center » consacrées à la guerre de Bosnie et aux maux de nos sociétés contemporaines (sida, guerre de l’après-11 septembre, surconsommation, atteinte aux droits de l’homme et à la démocratie). Des charges salutaires emportées par un talent inégalable qui lui valut le très provocant Turner Prize en 2000.

Lighter, Wolfgang Tillmans, Hamburger Bahnhof, Berlin, jusqu’au 24 août 2008.

Hedi Slimane : les enfants du rock

Samedi 26 juillet 2008

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© Hedi Slimane

C’est un coffret de carton simple, dans lequel se présentent trois brochures élégantes. L’une se distingue d’un grand rectangle noir, l’autre d’argent et la dernière jaune d’or. Hedi Slimane réunit ses travaux récents et publie à l’occasion de son exposition au Musac de Leon en Castille (Espagne) son « Rock Diary ». Rien de nouveau sous l’objectif, juste la confirmation des obsessions du fantôme élégant de la mode : des rock-stars en maintien trash (Pete Doherty, la chevelure hirsute d’Amy Winehouse), des amis effacés (Gus van Sant de dos), des natures mortes de guitare, quelques traces de fumigènes… Et des garçons, encore des garçons, toujours jeunes, quittant à peine l’adolescence. Enfants du rock qu’Hedi Slimane, troublé, photographie torse nu, glabre, nuque fraîche, buveurs de bière… Un style immédiatement reconnaissable, une esthétique moderne et obsédante.

« Rock Diary » (Editions Les Presses du réel). Photographies d’Hedi Slimane. Textes de Vince Aletti, Rafael Doctor Roncero, Alex Needham, Agustín Pérez Rubio, Jon Savage.

Un conte de Noël : la sarabande de Junon

Samedi 26 juillet 2008

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Anne Consigny, Hippolyte Girardot et Catherine Deneuve : « Un conte de noël » © DR

Famille, je vous hais mieux que je vous aime ! Quel film et quel drôle de bonheur que ces 2h30 passées à Roubaix avec Abel (Jean-Paul Roussillon) et de Junon Vuillard (Catherine Deneuve), leur famille (Anne Consigny, Melvil Poupaud, Mathieu Amalric) et autres parents (Laurent Capelluto) et alliés (Chiara Mastroianni, Hippolyte Girardot, Emmanuelle Devos, Françoise Bertin) ! « Un conte de noël » d’Arnaud Desplechin est un grand film détestable, malade de la méchanceté naturelle de son auteur, fragile de la pudeur furieuse avec laquelle il met en scène cette famille à quelques heures de Noël. Aux premiers plans, Junon prépare du thé, son regard se brouille, et le plateau tombe dans le couloir. Junon est malade, seule une greffe de moëlle épinière pourrait la sauver. Déjà, son vieux mari cherche le donneur compatible. Ce sera Henri, le fils maudit, le fils banni par sa soeur Elisabeth de la famille, exceptionnellement réunie, tourments collectifs et affects individuels compris, autour du sapin de Noël. Avec une férocité étonnante, Arnaud Desplechin filme l’envers et l’endroit du décor, les conversations secrètes, fouille les journaux intimes comme un mathématicien fou à la recherche d’un théorème, superstitieux à trouver une martingale pour mieux comprendre ce qui nous fait vivre et finalement mourir tous les jours un peu plus…

Un conte de noël, un film d’Arnaud Desplechin. En salles.

Le premier jour… une famille formidable

Samedi 26 juillet 2008

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© Studio Canal Distribution

C’est un joli film d’été. En hiver, on serait enclin à le critiquer, à le passer pour secondaire : trop de clichés, des manières de téléfilm certes intelligent, mais sans maîtrise de la caméra.. Mais, ici, dans le plaisir d’une séance de ciné d’été, on sort les yeux humides et bienheureux de ce brin de film. Quelques instantanés de la vie d’une famille française, le grand-père d’autorité, le papa timide, la maman qui se cherche, le grand et beau fils, le cadet illuminé et la soeurette grunge, tous portés avec humour par des comédiens au plus subtil de leur forme. Mention spéciale à Zabou Breitman, toute en finesse et à Etienne Daho dont une chanson « Le premier jour » donne son titre à ce film émouvant.

Le premier du reste de ta vie, un film de Remi Bezançon (2008, 1h54). En salles