Frère animal : le combat ordinaire

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© F2F Music

D’ordinaire, je dois l’avouer, je fuis ce genre de ce spectacle, toujours désolé par le manque d’humour de ces jeunes créateurs qui se veulent touche-à-tout de génie et d’emblée démiurges sans distance sur leur travail, portés par quelques journalistes négligents qui pensent tirer bénéfice de leur pavillon de complaisance…
Alors, quand il s’en présente un, de belle facture, idéal d’intelligence et d’humour, j’applaudis. C’était le cas, l’autre soir, au Théâtre des Bouffes du nord, dans le cadre du festival « Fragile » (19 juin – 5 juillet), où se produisaient l’étincelant Florent Marchet et sa troupe (l’écrivain timide Arnaud Cathrine, la chanteuse Valérie Leulliot, déjà repérée avec son groupe « Autour de Lucie » et le performiste Nicolas Martel, classieux de perversion) pour le roman chanté « Frère animal ». L’argument ? La vie sans mouvement et tout en dépression, bientôt libératrice de Thibault, petit mec du tertiaire dans une entreprise d’une ville de province. Rien de nouveau, rien de terriblement passionnant, mais ce déjà-vu, déjà-dénoncé est porté par la grâce de Florent Marchet (Gargilesse, Rio Baril) dont la présence sur scène tient d’une certaine magie. Voix en velours, mauvaise humeur engageante et drôlement vacharde, texte de qualité : ne serait-ce cet horrible t-shirt blanc et ce jean rouge mal taillé, on le porterait au pinacle. Mais cela n’est pas important : ce qui compte, c’est cette énergie incroyable qui emporte tout, ses complices et une salle toute entière à lui faire un triomphe. Il revient à l’automne à l’Européen, ne le manquez pas !

Frère animal, Florent Marchet / Arnaud Cathrine, Verticales.
Rio Baril, Florent Marchet, CD Universal-Barclay, 2007

Une réponse à “Frère animal : le combat ordinaire”

  1. ondine dit :

    I’ve started reading your blog today, I’m not gonna stop. Very good writer you are, indeed. :) Keep it up!

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