Les pleines lunes de James Thierrée

La dernière fois, nous l’avions laissé, superbe, sur les marches du Palais de Chaillot. Eblouissant James Thierrée, écharpe rouge, godillots délacés, chevelure en début de poivre et sel. Il venait découvrir comme nous le spectacle poussif d’un canadien acclamé du Tout-Paris culturel… Nous restions sur le bord du chemin, ne comprenant rien d’un tel engouement mais ravi d’avoir croisé pour de vrai l’étincelant James Thierrée. De lui, rappeler une nouvelle fois, la filiation : il est le fils d’une fille Chaplin et partant, petit-fils de l’illustre Charles qu’il ne connut que pendant trois années. Plus tard, James T. est devenu acrobate, mime, danseur, contorsionniste, comédien et le merveilleux inventeur d’un univers en mécaniques féroces, soufflerie de rêve et autre pluie de balles de badminton. Son premier spectacle « La symphonie du hanneton » était un ovni formidable, le second (« La veillée des abysses ») avait perdu de la magie première, alors nous attendions avec curiosité le dernier opus de cette trilogie bohème. Si la fantasmagorie opère de nouveau subtilement, ce spectacle manque lui aussi d’un vrai travail de dramaturgie. James Thierrée et sa belle bande enchaînent brillamment les facéties sans réussir à leur donner un sens supérieur. Dommage : même si le public leur fait un triomphe, on reste sur sa faim, persuadé qu’avec le soutien d’un auteur, James l’alchimiste, transformerait son art en or…

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Au revoir, parapluie © DR

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