Les histoires d’amour de Catherine Ringer

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Catherine Ringer © DR

C’était le soir de la mort de Farid Chopel. Encore un troublion des années 80 qui disparaissait dans la cinquantaine. Oubliée, la folie Goude, le temps était celui du deuil. Alors, Catherine Ringer arriva sur scène, petite, le cheveu en chignon de construction savante, les mains traqueuses. Tout de suite, elle dit sa tristesse à se produire seule en scène. A la Cigale. Sans Fred Chichin, sur ce qui s’apparentait à un long chemin de croix en solitude. Contre cela nous ne pouvions rien, elle se mit à chanter des extraits du dernier album composé ensemble, rempli de prémonitions du drame qui devait arriver. Elle chantait, elle chantait, folle à lier de musique et de danse… Plus tard, après cinq ou six chansons, le spectacle s’est arrêté et soudain est apparue la nouvelle Catherine Ringer, celle peut-être du temps d’après, offrant au public des reprises de Bowie, du Velvet underground, de Mira. Des chansons proches de ses préférences musicales, mais qui tranchaient singulièrement avec le répertoire des « Rita » que les fans étaient venus, en fidèles, entendre, par crainte de ne bientôt plus pouvoir l’entendre en concert. Dans ce long couloir de métamorphose, on s’ennuyait malgré l’énergie de la Ringer. Avec les rappels, revenaient les légendaires Rita Mitsouko d’un « Andy » ressassé à une « Marcia Baïla » explosive. Catherine Ringer quittait alors la scène d’un prometteur : « merci, merci, grâce à vous, maintenant, je ne suis plus triste »… On se demandait en sortant quelle Catherine Ringer nous allions (re)découvrir dans quelques mois…

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