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A Londres, à Paris, Loris Gréaud fait le mur

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Loris Gréaud, Spore speakers © Courtesy of the artist and Yvon Lambert.

Dès que l’agenda m’offre un samedi de liberté, j’aime à prendre l’Eurostar du petit matin pour rejoindre Londres à peine réveillé. 9h34, arrivée à Saint-Pancras International pour une journée d’exposition et de shopping aux abords de Covent Garden et du temple du bon goût masculin Selfridge’s. Bonheur du flegme britannique en fin de semaine, snobisme revendiqué de renier Paris pour quelques heures d’une vie plus cosmopolite !
Le motif de cette escapade londonienne était de suivre la nouvelle sensation de l’art contemporain parisien, Loris Gréaud, qui propose une autre version de « Cellar Door » (Once is Always Twice) à l’Institute of Contemporary Arts (ICA) de Londres après son installation au Palais de Tokyo et, encore, un bien singulier « wall » à la galerie Yvon Lambert à Paris.
Par quoi commencer ? Paris et la Galerie Lambert, où à chaque nouvelle présentation d’artiste, Yvon Lambert offre le mur d’entrée de la galerie à un jeune artiste. Donc, ces jours-ci, aux côtés des belles sculptures africanisantes de Bertrand Lavier, Lambert expose Loris Gréaud. Exposer, ce serait plutôt le contraire. Faites le tour de la galerie, vous ne trouverez pas le moindre signe distinctif de la présence de Gréaud au 108 rue Vieille du Temple. Agacé par la tromperie, effrayé par la vision d’un Guillaume Durand en jogging et basket dans le même espace, vous vous apprêtez à fuir quand un rien de rayon de soleil sur le mur d’entrée vous fait découvrir une phrase en lettres translucides. Vous cherchez le bon angle et vous lisez : « Every time you think of me you die a little ». Bien joué, Loris Gréaud !
A Londres, l’affaire est d’une autre tenue. On y retrouve le chandelier mazouté de l’exposition du Palais de Tokyo en trois salles qui s’ouvrent les unes derrières les autres dès que vous vous postez devant le rideau coulissant. Une bande son grandiloque, en anglais, des phrases qui se voudraient surréalistes, mais ne se révèlent que sentencieuses. Au mur, une inscription à déchiffrer : « when people tell me that I don’t know how I am going to finish this story I usually tell them : wait still the end and you will see yourself ». Bien sûr, tout cela manque de maturité, mais il se dégage de cette nouvelle et modeste disposition une belle atmosphère, moins industrieuse que celle de Paris, pour le coup, plus « rêvante ». On rencontre un univers très instinctif, on perçoit une pensée en marche. Serait-ce à Londres dans la simplicité de ces trois salles que le jeune Gréaud aurait gagné son pari. Je le crois.

The wall, Loris Gréaud, Galerie Yvon Lambert, 108 rue Vieille du Temple, Paris 3, jusqu’au 17 mai 2008.

Cellar Door (Once is Always Twice), Loris Gréaud, ICA, Londres, The Mall, jusqu’au 22 juin 2008.

3 Réponses à “A Londres, à Paris, Loris Gréaud fait le mur”

  1. pascal dit :

    greaud a gagné a paris et londres il me semble…(!)
    jamais vu un tel projet en europe! P

  2. Matthew dit :

    “Every time you think of me you die a little”

    Je ne sais pas si L. Gréaud le fait exprès, mais en 2003 Douglas Gordon à réalisé une oeuvre très proche de celle-ci. Une simple phrase : Every time you think of me, you die, a little.

  3. df dit :

    …well…cette oeuvre est co produite douglas gordon et Loris Greaud…alors je pense qu’il le fait exprès…c’est une réactivation qu’ils disent, non?

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