Bashung, le dernier des solitaires

Que se passe-t-il, M. Bashung ? Il ne peut être seulement question de marketing viral ! Comment cette presse de dithyrambe, exultante, à vos genoux… Du Monde – ce portrait proprement « stupéfiant » de Véronique Mortaigne – à France Inter, en passant par Le Figaro, Libération et les Inrockuptibles ? La couverture de Télérama étant momentanément occupée par les élucubrations de Daniel Cohn-Bendit, vous reviendrez sans doute en deuxième semaine – métaphore de ce qu’est devenu ce journal, suiviste et incapable de la moindre prescription, en un mot, un journal mort malgré les excellents journalistes réunis autour du cercueil.
Sans doute, parce que bien vivant, vous l’êtes, M. Bashung dans cet album qui vibre d’un sombre éclat. Des mélodies qui accrochent d’instinct l’oreille, des textes de sombre mélopée qui serrent le coeur. Ainsi les textes hauts d’Himalaya de Gérard Manset vous cintrent avec une élégance sans pareille. « L’imprudence », le titre de votre disque précédent, colle comme une prémonition à cet album nouveau. Vous nous terrassez de votre voix incandescente, de l’interprétation fulgurante des textes de ceux qui vous donnent le meilleur d’eux. Ab libitum, ce voyage en solitaire du plus beau bleu pétrole…

« On dirait qu’on sait lire sur les lèvres / Et que l’on tient tous les deux sur un trapèze / On dirait que sans les points on est toujours aussi balèzes / Et que les fenêtres nous apaisent / On dirait que l’on soufflerait sur les braises / On dirait que les pirates nous assiègent / Et que notre amour c’est le trésor / On dirait que l’on serait toujours d’accord… »

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Bleu pétrole, Alain Bashung © DR

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