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Le monochrome bleu de Derek Jarman

Que vous soyez à Londres ou à Paris, noter ces deux événements à ne pas rater. Deux hommages bienvenus à Derek Jarman. Comment dire qui il était ? De lui, on pourrait produire un curriculum vitae impressionnant : décorateur, réalisateur (« The last of England », « Edward II », « Wittgenstein »), scénariste, acteur, jardinier, poète, né en 1942 à Londres, décédé des suites du sida en février 1994. Comme Jean Cocteau dont le festival « Théâtres au cinéma » le rapproche opportunément, Derek Jarman était un touche-à-tout. De génie, peut-être pas, mais de grand talent, sans conteste : symbole d’un combat permanent pour l’art, doué d’une culture fantastique et d’un amour des jardins qui lui fit écrire « Un dernier jardin », beau livre sur son étrange jardin de Dungeness (Kent), planté entre un vieux phare et une centrale nucléaire, qui reste malgré les années comme un talisman sur les tables basses de tous les avertis.
Pour moi, il demeure encore et surtout le réalisateur de l’inoubliable « Blue », son dernier film monochrome bleu, métaphore tragique d’une lutte contre la mort annoncée. A la fin de sa vie, Jarman, presque aveugle, ne pouvait plus entrevoir que le bleu… Ce film est à découvrir, accompagné au piano par le compositeur Simon Fisher Turner à Bobigny au Magic cinéma dans le cadre d’une soirée exceptionnelle le 12 avril à 21h00. Il fait aussi l’objet d’une exposition à la Serpentine Gallery, curatée par le plasticien Isaac Julien. Derek Jarman gagne ainsi son immortalité. Amère consolation.

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Derek Jarman © DR

Rétrospective Derek Jarman,
Festival Théâtre au Cinéma, Magic Cinéma, Bobigny, du 28 mars au 13 avril 2008
Derek Jarman curated by Isaac Julien, Serpentine Gallery,
Serpentine Gallery, Londres, du 23 février au 13 avril 2008.

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