• Accueil
  • > Archives pour le Lundi 24 mars 2008

Archive pour 24 mars 2008

Pour saluer Edouard Levé

Lundi 24 mars 2008

blessure.jpg
La Blessure (série Transferts), Edouard Levé, 2004 © Galerie Loevenbruck

Il était à coup sûr l’un des photographes les plus intéressants de sa génération, doublé d’un écrivain et d’un plasticien doué. Il s’est donné la mort en janvier dernier, laissant quelques jours plus tôt un livre nommé « Suicide » à son éditeur, POL. Cette mort voulue, j’allais dire orchestrée, a sans doute à voir avec une infinie tristesse à vivre, mais la manière de signer ce geste témoigne d’une exigence désespérée qui nous fera longtemps regretter le plaisir de ne plus être transporté par les nouvelles créations d’Edouard Levé. Ses amis de la galerie Loevenbruck lui rendent ces jours-ci hommage en proposant une rétrospective, semaine après semaine, de ses principales séries (Quotidien, Pornographie, Homonymes, Fictions). Il faut s’y précipiter et découvrir avec respect ce talent rongé par ses propres « Angoisse »…

Hommage à Edouard Levé, Galerie Loevenbruck, jusqu’au 10 mai 2008.

Le monochrome bleu de Derek Jarman

Lundi 24 mars 2008

Que vous soyez à Londres ou à Paris, noter ces deux événements à ne pas rater. Deux hommages bienvenus à Derek Jarman. Comment dire qui il était ? De lui, on pourrait produire un curriculum vitae impressionnant : décorateur, réalisateur (« The last of England », « Edward II », « Wittgenstein »), scénariste, acteur, jardinier, poète, né en 1942 à Londres, décédé des suites du sida en février 1994. Comme Jean Cocteau dont le festival « Théâtres au cinéma » le rapproche opportunément, Derek Jarman était un touche-à-tout. De génie, peut-être pas, mais de grand talent, sans conteste : symbole d’un combat permanent pour l’art, doué d’une culture fantastique et d’un amour des jardins qui lui fit écrire « Un dernier jardin », beau livre sur son étrange jardin de Dungeness (Kent), planté entre un vieux phare et une centrale nucléaire, qui reste malgré les années comme un talisman sur les tables basses de tous les avertis.
Pour moi, il demeure encore et surtout le réalisateur de l’inoubliable « Blue », son dernier film monochrome bleu, métaphore tragique d’une lutte contre la mort annoncée. A la fin de sa vie, Jarman, presque aveugle, ne pouvait plus entrevoir que le bleu… Ce film est à découvrir, accompagné au piano par le compositeur Simon Fisher Turner à Bobigny au Magic cinéma dans le cadre d’une soirée exceptionnelle le 12 avril à 21h00. Il fait aussi l’objet d’une exposition à la Serpentine Gallery, curatée par le plasticien Isaac Julien. Derek Jarman gagne ainsi son immortalité. Amère consolation.

italyartsjarman330x230.jpg
Derek Jarman © DR

Rétrospective Derek Jarman,
Festival Théâtre au Cinéma, Magic Cinéma, Bobigny, du 28 mars au 13 avril 2008
Derek Jarman curated by Isaac Julien, Serpentine Gallery,
Serpentine Gallery, Londres, du 23 février au 13 avril 2008.