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Archive pour 22 mars 2008

Frédéric Mitterrand : une folle à sa fenêtre

Samedi 22 mars 2008

C’est pour cela que j’aime Frédéric Mitterrand. Pour cette distance face aux événements, sans qu’elle se transforme en cynisme. Si c’était le cas, on peut imaginer qu’il s’en voudrait. Depuis quelques mois, le magazine gay Têtu (propriété Pierre Bergé) offre sa dernière page au neveu du Président Mitterrand pour une chronique naturellement très écrite, rythmée – pourtant sans l’entendre – par le timbre de sa voix. A chaque livraison, c’est le réalisateur de « Lettres d’amour en Somalie », l’auteur de « Mauvaise vie » que l’on retrouve entre les lignes comme un compagnon, lui aussi, de longue date.
Il est arrivé le mois dernier une mésaventure à ce cher Frédéric. Au hasard d’un déjeuner à l’Elysée – il en connut pourtant beaucoup -, Frédéric s’est laissé entraîner par Nicolas Sarkozy à accepter la présidence d’une commission sur le futur audiovisuel public. Il devrait se méfier, Frédéric, de la politique : elle lui a déjà brûlé les doigts en 1995, alors qu’il soutenait bruyamment le candidat Chirac face au Jospin des inventaires. Cette mission avait à peine commencé qu’il en était déjà démis au profit de Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, au nom de la supériorité de la représentation nationale à préparer l’avenir des écrans publics !
En quelques mots bien sentis, Frédéric Mitterrand narre cette « déconvenue » et son éternelle addiction pour les lieux de pouvoirs : « Reste à se demander pourquoi je me suis aventuré une fois de plus dans un domaine qui n’est pas le mien. ». Ce « caractère malheureux » comme dirait Marguerite Duras le ramène à son « désir des garçons, ce moteur qui détermine la conduite en zigzag de mon existence » et au souvenir de Jacques Chazot, le danseur mondain des après-midis de nos grands-mères. Pourtant derrière le très fol inventeur de Marie-Chantal, se cachait, aux dires de Mitterrand ou de Jean-Claude Brialy, un homme d’esprit et de respect, qui fréquentant le Tout-Paris politique n’en devenait pas pour autant un courtisan. Frédéric Mitterrand médite encore son message : « C’était il y a longtemps, et maintenant tout le monde est mort… Mais moi je me souviens de lui et du temps révolu où des gens pourtant fort dissemblables pouvaient cultiver leur relation sans préjugés, ni obscures revanches ou bizarres combines ».

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Frédéric Mitterrand © Laurent Villeret / Dolce Vita