Tête freundienne

Milan est ainsi faite. C’est au moment où vous vous y attendez le moins que vous tombez sur une belle exposition de photographies. Les portraits de Gisèle Freund. Au deuxième étage du très hype 10 Corso Como où la plus belle élégance milanaise se rêve en Colette du faubourg Saint-Honoré, la Galleria Carla Sozzani expose les photographies d’un autre temps de Gisèle Freund. La photographe du premier portrait officiel de Président Mitterrand (1908 – 2000), a saisi son siècle de littérature, mais aussi de politique et plus généralement de culture. On rencontre parmi une centaine d’artistes et auteurs d’avant et d’après-guerre, Bonnard et Matisse affairés à leur palette, Eva Peron en pleine mythification, faisant miroiter son pouvoir dans ses bagues de pierres précieuses, le duo Sartre-Beauvoir, de Gaulle-Malraux, Beckett, Yourcenar, Duras, Walter Benjamin, Gide, Cocteau bien sûr, mais Frida Kahlo, Diego Rivera et des écrivains dont on imaginerait presque qu’ils n’ont pas connu la photographie : T.S. Eliot, Virginia Woolf, Julio Cortazar. Au milieu de ce siècle, un éternel jeune homme intrépide, cheveux au vent, clope au bec. Ce portrait, c’est Malraux. Immortellement.

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André Malraux © Gisèle Freund

Galleria Carla Sozzani, 10 corso Como, Milano.

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