Christophe Honoré dans le Journal

J’y reviens avec retard, mais quel plaisir à lire le « Journal de la semaine » de Christophe Honoré dans « Libération » le week-end dernier ! L’écrivain et réalisateur (« Les Chansons d’amour ») tourne actuellement à Paris « la Belle personne », une adaptation, pour ARTE, de « La Princesse de Clèves ». On suit de quelques lignes les scènes en cours : la pudeur d’un jeune acteur Jacob Lyon et les jambes de Clotilde Hesme, Louis Garrel dans l’escalier, les lèvres de Grégoire Leprince-Ringuet sur les seins de Léa Seydoux, les hurlements d’Anaïs Demoustier et d’Agathe Bonitzer… Aux infos radio du matin, la politique l’occupe beaucoup : passent le duel Delanoë / Panafieu et l’écho bling-bling du président Sarkozy.
Surtout, le livre de chevet de ses semaines de tournage retient mon attention : le magnifique journal de Matthieu Galey qui le ramène à de plus jeunes années : « J’avais 19 ans, quand je l’ai lu, lecture appliquée comme devant un manuel de savoir-faire précieux. La galerie de Galey, Chardonne, Jouhandeau, Brenner m’installe dans la nostalgie. En 1989, combien d’heures ai-je passées à rêver aux vies des autres, et traîner la nuit dans les rues de Rennes, et lire, m’enfermer au cinéma. Combien de corps touchés chaque semaine. Une révélation de dimanche, grossière, attendue, mais malgré tout fatale, se met à me détruire : ma vie d’alors était pleine et vivante, qu’est-elle devenue ? Quand je réfléchis aujourd’hui à l’année qui s’annonce, peu de jours dans mon agenda où je n’ai pas à tenir des engagements. Le découragement règne, je sais désormais que mes années s’exécutent quand, avant, elles surgissaient. Un peu d’air frais, vite ! »

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© Sébastien Dolidon

Le haut-le-coeur permanent, par Christophe Honoré, Libération, 19 janvier 2008

Portrait de Matthieu Galey, sur France Culture, le 7 février 2008 à 10h00, dans l’émission « Une vie, une oeuvre » de Matthieu Garrigou-Lagrange.

Une réponse à “Christophe Honoré dans le Journal”

  1. VAYSSAIRE dit :

    Magnifique Journal que celui de Matthieu Galey que je suis en train de savourer après en avoir tant entendu parler.

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