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Biennale 2007 : l’expérience de l’inutilité

Pluie d’automne / Sur les hommes / Comme Rhône à la Saône / Tu te mêles à moi. La chanson de Murat en tête en arrivant à la gare Lyon-Part Dieu. Me voici, sur le chemin de Sète, dans la cité des Canuts pour découvrir la 9e Biennale d’art contemporain.
Disons-le tout de suite : c’est une grande déception. Autant la huitième édition « L’expérience de la durée » était réjouissante, autant ce neuvième opus est vain. A l’essence du projet « L’histoire d’une décennie qui n’est pas encore nommée », initié par Thierry Raspail et mis en œuvre par Stéphanie Moisdon et Hans-Ulrich Obrist, un « truc » : inviter 49 commissaires et critiques d’art internationaux (joueurs dans un premier cercle) à répondre à cette question inutile : « Quel est, selon vous, l’artiste essentiel de cette décennie ? ».
Et c’est finalement ce truc qui ne marche pas du tout, juxtaposition malheureuse d’œuvres de 111 artistes sans prescription ni dimension critique, que nous découvrons à la Sucrière. Pourquoi ceux-là ? Comment cette œuvre-là ? restent des interrogations auxquelles rien, ni personne ne vient répondre, nous laissant naviguer du pire au meilleur. On se passionne alors pour Norma Jeane et son carré luxuriant de végétation, pour Jennifer Allora et Guillermo Calzadilla et leur bunker pétaradant de musiques militaires, pour les performances des cinq danseurs à l’extrême d’Annie Vigier et Franck Apertet. Le préféré Simon Starling est présent avec une œuvre « One ton, II » et un film « Particle projection » (photo), tandis que le retour en grâce de David Hamilton – avec un milliard de précautions de cartels puritains interdisant l’accès aux mineurs ! — nous indiffère. Découragé, on abandonne la partie, sans faire cas des 14 joueurs du second cercle – artistes, écrivains, chorégraphes, architectes dont Jérôme Bel et Michel Houellebecq – invités à « définir la décennie à partir d’une séquence d’exposition »…

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© Simon Starling, Particle Projection (Loop), 2007

www.biennale-de-lyon.org (jusqu’au 6 janvier 2008)
Pluie d’automne, Jean-Louis Murat in « Cheyenn Autumn », 1989.

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