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Archive pour 28 décembre 2007

Motif d’hiver bois de Boulogne

Vendredi 28 décembre 2007

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© Edward Steichen

Le parcours est remarquable et le Jeu de Paume le met en scène avec une élégante sobriété. Edward Steichen en 450 photographies ! C’est dire si la rétrospective est exceptionnelle. L’exposition commence à l’enfance de l’art, par des photographies à la délicatesse de pastel : paysage paisible, rivière, fleurs, sœur bien aimée sont les motifs de ses premières années, où, ailleurs, d’autres se battent pour faire entrer la photographie au nombre des beaux arts. Edward Steichen sera de ce combat avec son maître Alfred Stieglitz – trouvant son apothéose dans la revue « Camera work », la galerie Photo-Secession et le compagnonnage d’artistes français comme Rodin dont il fera des portraits d’une intensité incroyable.
La seconde partie de la carrière de Steichen, celle à la direction de la photographie des publications Condé Nast (Vogue, Vanity Fair) se révèle, dans l’exposition, nettement moins intéressante. Si les personnalités les plus illustres d’avant-guerre – de Colette à Churchill, en passant par Greta Garbo, Lilian Gish, Marlène Dietrich, Gary Cooper ou Noël Coward s’offrent à son objectif dans des poses très étudiées, inspirées Art déco, leur accumulation finit par lasser comme elle fera perdre à Steichen une part de son crédit auprès des grands photographes de l’époque.
La dernière salle du Jeu de Paume marque une dernière et stimulante rupture. Son engagement militaire l’amène à la fin de la guerre à prendre la direction du Département « photographie » du Museum of Modern Art (Moma) où il avait auparavant monté deux grandes expositions « patriotiques » : « Road to victory » en 1942, « Power in Pacific » en 1942. En 1955, il y présente « The family of man » – tour de force photographique, resté comme une référence dans le domaine de la scénographie. L’exposition réunit 273 photographes, mis au service d’une conception « humaniste » de la photographie. Inscrite au Registre de la mémoire du monde de l’UNESCO en 2004, elle a été reconstituée au Château de Clervaux (Luxembourg) où elle est visible de manière permanente. Edward Steichen à jamais, dans l’histoire mondiale de la photographie…

« Steichen, une épopée photographique », Jeu de Paume, site Concorde, Paris (jusqu’au 30 décembre).