Sarah Lucas : Car crash

Pour elle, qui hésiterait à faire le tour d’Europe, le tour du monde ? Les installations de Sarah Lucas, figure de proue des Young Brits, vous portent loin, hors la connaissance du monde commun, dans une confrontation inédite des sexes et une affirmation contrastée des genres. L’an passé, la Tate Liverpool lui consacrait déjà une rétrospective, s’y mêlaient matelas sordides, baignoires frigides, oeufs au plat en lieu et place de poitrine, bidets translucides, poulet cru en sorte d’origine du monde et encore d’autres autoportraits en artiste tourmenté. Un choc ? La révélation d’un autre féminisme, proche, sans doute, de celui d’une Virginie Despentes.
Au Palais de Tokyo, à Paris, Sarah Lucas, propose un « Car park » de sensation, assemblage de deux de ses oeuvres « Concrete void » et « Islington diamonds » (1997). Une Renault 21 blanche, étrangement immatriculée mais venue de Saint-Malo à lire les autocollants sur sa plage arrière, dont les vitres ont été brisées de mille éclats de verre, entourée de photographies grands formats noir et blanc de tristes parkings d’Islington, banlieue de Londres où vit Sarah Lucas. La poésie naît de ces petits diamants d’Islington, comme le fracas du monde de consommation courante, loin de toute possibilité de dépassement de soi. Un monde où l’art se serait échappé, rattrapé par la fureur de créer de Sarah Lucas. Fin de partie, cauchemar…

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© Car park, Sarah Lucas / Sadie Coles HQ / Photo : Marc Domage.

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