• Accueil
  • > Archives pour le Mercredi 26 décembre 2007

Archive pour 26 décembre 2007

Beau travail

Mercredi 26 décembre 2007

Un film touché par la grâce de son acteur principal. A croire que dès que Casey Affleck apparaît dans un film, son jeu imprègne irrémédiablement la pellicule, allant jusqu’à en modifier le scénario et le montage. C’était déjà mon sentiment en sortant de l’hypnotique « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford », où le duo qu’il formait avec Brad Pitt, au mieux de sa forme, rendait le film hors norme.
A nouveau, Casey Affleck porte un film sur ses épaules. Le premier film de son frère, Ben, « Gone Baby gone », adapté de Dennis Lehane qui offrit avec son roman « Mystic River » l’argument d’un des meilleurs films de Clint Eastwood, magnifié par la présence de Sean Penn. Dommage que Ben Affleck ne soit pas Clint Eastwood, en quête de l’indicible frontière entre le Bien et le Mal. Il s’emmêle un rien dans cette histoire sombre de rapt d’enfant, mais le jeu inspiré de Casey Affleck, entouré par Morgan Freeman et Ed Harris, pousse le film au plus loin de ses tourments.

photo01hires.jpg
© Miramax Films

« Gone Baby gone », Ben Affleck (sortie le 26 décembre 200è)
« L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford », Andrew Dominik (encore en salles)

Mélancolie d’or, de sable et de sang

Mercredi 26 décembre 2007

jt01062001.jpg
© José Tomas / Juan Pelegrín Corbacho, Galerie Camposy Ruedos

Pourquoi est-ce la mélancolie le sentiment dominant à l’évocation de la temporada 2007 ? De Béziers à Nîmes, en passant par les arènes d’Arles, il y eut pourtant de beaux moments. Des temps de fièvre à l’attente des toros dans le soleil de l’arène et des beaux gestes des fougueux El Juli, Miguel Angel Perrera et Enrique Ponce. Des polémiques avec les militants anti-corrida provoquant les couvertures estivales des grands quotidiens : on attend toujours que le Grenelle de l’Environnement accouche de décisions – protégés, que nous sommes, par le Président Sarkozy, les ministres Fillon, Bachelot, fervents aficionados. L’année des adieux, nécessaires, de Cesar Rincon et, déchirants, de Denis Loré dans des arènes de Nîmes bondées, pleines de larmes. Celle des forfaits de Sébastien Castella, anémié, et de Morante de la Puebla, déprimé. Enfin, le retour du divin José Tomas. Mais est-ce lui, alors, qui donne le ton de ces semaines à courir d’une course l’autre, de Pentecôte à Riz en passant par les Vendanges ? Dans le mouvement de son courage étincelant à la charge du toro, me reste, aussi, le regard sans cesse triste d’un homme qui partit un jour mais revint irrésistiblement aux toros. Hanté par la légende de ses trophées anciens, narrés avec émotion et respect par Jacky Durand dans un petit livre essentiel à l’aficion…

José Tomas Roman, Jacky Durand, Actes Sud, 2007.

Je me souviendrai de Joe Brainard

Mercredi 26 décembre 2007

Il est l’inspirateur du « Je me souviens » de Georges Perec. On le découvre, au Palais de Tokyo, à la faveur de l’exposition « The third mind » – carte blanche à Ugo Rondinone – aux côtés des crucifix monumentaux de Valentin Carron, des femmes alanguies d’Hans Josephsohn (sa belle obsession !), d’installations plus imposantes de Ronald Bladen et de Rebecca Warren, des collages de Brion Gysin et William S. Burroughs qui donnent leur titre à cette exposition intéressante. Plus loin, un espace est aussi dédié à Andy Warhol et à ses « screen tests » – un labyrinthe de téléviseurs diffusant les portraits filmés de quelques visiteurs réguliers de la Factory : Lucinda Childs, Lou Reed, Susan Sontag, Edie Sedgwick, Nico, Gérard Malanga, Allen Ginsberg et… Joe Brainard.
Oui, revenons à lui et à la dizaine de dessins et collages qui donnent un bel aperçu d’une oeuvre baroque et kitsch, où se côtoient cendriers Cinzano, pensées, tulipes et marguerites, madones tout en fils de coton et perles, dés à jouer, corps de beaux garçons désirés comme une carte du Tendre très très pop ! De son œuvre abandonnée pour se consacrer à la lecture, un journaliste du Village Voice dira : « Un effet de magnificence modeste semblable à ce que pourrait être « L’Ode à la joie » de Beethoven joué sur un piano-jouet »

tattoomedium.jpg
© Tattoo, 1972. Estate of Joe Brainard, New York

I remember, Joe Brainard, préface de Marie Chaix, Actes Sud Babel, 1997

www.joebrainard.org
« The third mind », Palais de Tokyo, Paris (jusqu’au 3 janvier)

M’as-tu vu ?

Mercredi 26 décembre 2007

41413f12b38111dcae115c07e4644e40.jpg
© AP

Storytelling, La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, Christian Salmon, La Découverte, 2007.