Les nocturnes de Dick Annegarn

Le label « Tôt ou tard » nous fait un formidable cadeau en cette fin d’année en rassemblant dans un beau coffret trois albums mal connus du grand Flamand au regard triste, édités entre 1985 et 1990. Il était réapparu un jour de mars 98, belle photo de Mondino en couverture, pour un album lumineux « Approche-toi » (Tôt ou tard), annonciateur d’une réjouissante série d’albums (« Adieu verdure », « Un ombre », « Plouc ») et de concerts sensibles. Un nouveau compagnon de routes et de chansons, un autre bel irrégulier : « Il y a de l’or aux arbres / il y a du bleu au ciel / il y a du gout au miel… / je te nomme chevalier de la feuille d’or / c’est tout comme gentil-homme…».
C’était encore le chanteur oublié de « Bruxelles », cette chanson collante comme le sparadrap du capitaine Haddock, qu’il n’en pouvait plus de s’entendre réclamer à chacun de ses concerts et qu’il abandonne souvent dès le deuxième couplet ! Un succès comme par inadvertance pour une chanson qu’il doit sans doute aimer un peu moins que d’autres que le public n’a pas entendu.
Fuyant cette « Bruxelles » maudite, Dick Annegarn avait largué les amarres et s’était installé sur une péniche-café-boulangerie-épicerie sur la Marne, continuant d’écrire et de composer, loin des « foules sentimentales ». Quinze années de poème, sans le sou, et de « résonances de bateau, d’eau et de banlieue » que l’on redécouvre étincelantes ou troubles ces jours-ci sous le titre « Les années nocturnes ». Il est vivement recommandé d’aller faire un tour par ces nuits-là… Beauté du verbe, sons extraordinaires, chansons-fleuves, la boîte à secrets de Dick Annegarn, révélée à nous…

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© Dick Annegarn / DR

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