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Archive pour 4 décembre 2007

François Mitterrand : le chêne et l’olivier

Mardi 4 décembre 2007

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© Institut François Mitterrand

Sans anniversaire apparent – ou est-ce une manière souterraine du fabiusien Jérôme Clément, président d’Arte France, d’accompagner la publication du livre de mémoire de Danièle Mitterrand ? -, Arte programmait hier une soirée « Mitterrand » avec la diffusion du film de Robert Guédiguian « Le promeneur du Champs de Mars » (2005) et la rediffusion d’un documentaire de Serge Moati et Eric Guéret « Les Mitterrand(s) » (2005). Du film, on en pense toujours autant de mal : face à un Michel Bouquet magistral, le sympathique Jalil Lespert fait pâle figure, la mise en scène est à l’avenant, illustrative et poussive. Bref, on a toujours préféré le marseillais Guédiguian sur les bords de la Méditerranée, entre l’Estaque et Notre-Dame de la Garde que sur les quais de Seine… Vient ensuite le documentaire de Moati. Quel que soit le réalisateur, c’est encore et toujours François Mitterrand qui triomphe, terrassant Edwy Plenel ; mettant au pas, loin des inventaires, Lionel Jospin ou Jacques Attali et faisant glisser une ombre de grande tristesse sur le visage de Robert Badinter qui clôt les témoignages de ces quelques phrases : « Oui il me manque. Parce que, comme je vous l’ai dit, j’aimais beaucoup Mitterrand et que c‘étaient des jours heureux. Je l’ai vu partir avec chagrin. C’est comme ça, c’est la vie… ». Encore un plan sur les larmes d’Helmut Kohl à Notre-Dame, à faire chavirer David Dessaigne, rencontré il y a quelques semaines à Bordeaux, fou de Mitterrand au point d’acheter aux enchères à Drouot sa cave et de dire ensuite la vérité d’un Mitterrand, malade, qui ne buvait que très rarement du vin…

Le livre de ma mémoire, Danièle Mitterrand, Jean-Claude Gawsewitch, 2007
A la vie, à la mort, Robert Guédiguian (1995)
La ville est tranquille, Robert Guédiguian (2001)

Droit de nuance

Mardi 4 décembre 2007

Etonnement. On s’imagine donner ce blog pour soi seul ou quelques aimables proches qui vous y encouragent. Et soudain, la personne qui vous a ému un soir de « composition sonore » et que vous racontez en quelques mots vous écrit. Suite au billet « Le survivant », Philippe Mezescaze m’envoie ce message que je me permets de publier : « … j’ai été un peu estomaqué et touché bien sûr de me voir mis en scène comme ça… Cependant, je n’avais pas les yeux embués. » Don’t acte.

Les tricheurs

Mardi 4 décembre 2007

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Pendant que les banlieues se consument, que Béjart tire sa révérence en sautillant sur nos écrans et que le Président Sarkozy voit la Chine s’éveiller, Florence Foresti, comique de deuxième zone, fait la couverture de Match avec sa toute nouvelle progéniture… Drôle d’époque ! Au même moment, Paris Match reçoit quelques happy-fews à la Cinémathèque Française autour de l’exposition Sacha Guitry. Champagne et petits fours sur la mezzanine, suivis de la projection du « Roman d’un tricheur » (1936) salle Henri Langlois. Le film d’esprit français par excellence. Cette voix off inimitable. D’éminents spécialistes rappellent qu’Orson Welles imita le procédé pour son « Citizen Kane » (1941).
Ce « Roman d’un tricheur » donne l’envie de se plonger dans les textes de Guitry qui souffrent tellement d’avoir été saucissonnés en petites phrases et servis ad nauseam aux Grosses Têtes de Philippe Bouvard. On court à la librairie pour s’emparer du dernier Folio racorni des « Mémoires d’un tricheur ». Et on lit : « Il y a cent façons de tricher, mais il n’y a guère que trois sortes de tricheurs.
Tout d’abord, il y a le joueur qui triche – qui ne triche que parce qu’il joue. Qui le fait sans méthode, sans préméditation, d’une manière presque inconsciente, involontaire, et dont on sent très bien qu’il est parfaitement honnête en dehors du jeu.
Il y a l’homme qui joue incorrectement parce qu’il est incorrect d’un bout à l’autre de la vie – et qui doit penser que ce n’est vraiment pas le moment de l’être.
Enfin, il y a le tricheur de profession, conscient et organisé. ». On y reviendra !

Sacha Guitry, une vie d’artiste. Exposition à la Cinémathèque française, Paris, jusqu’au 18 février 2008
Sacha Guitry, Mémoires d’un tricheur, Folio Gallimard
Sacha Guitry, Une vie de merveilles, André Bernard, Préface de Jean Piat, Editions Omnibus, 2006