La Simone Sainte

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© RSR

A la lecture, ce matin, du papier de Nathalie Levisalles dans le cahier « livres » de Libération, je respire enfin. Une journaliste ose un mauvais papier sur la biographie de Simone Veil. On peut discuter l’argumentaire, mais le fait est rare pour le relever : quelqu’un en France s’attaque à l’icône et dit que son autobiographie est diablement ennuyante.
Trois semaines que sa biographie chez Stock lui attire toutes les louanges. Les plus éminents journalistes – de notre chère Annick Cojean à Nicolas Demorand, sans oublier le jury du Renaudot, sous l’influence de Franz-Olivier Giesbert, à deux doigts de lui remettre le Renaudot essai – se gargarisent de sa légendaire férocité, toujours excusée par son si fort courage de femme face à l’adversité – ce que je lui reconnais naturellement et sans discussion.
Profitant des bonnes dispositions des journalistes et sûre de n’être jamais remise à sa place (une femme politique de deuxième division, incapable de se confronter au suffrage universel, un score minable aux Européennes 89, une balladurite aïgue, bras dessus bras dessous avec Pasqua en 93), Simone Veil dégoise à tout va, et de manière carabinée – préférant liquider les morts (Mitterrand, Barre – c’eût été plus héroïque de s’attaquer à eux de leur vivant) ou les comateux (VGE, Bayrou), plutôt que de s’insurger face aux errements des temps présents. On aurait ainsi aimé plus forte voix pour dénoncer l’amendement Mariani.
Dans le Point, on apprenait encore que Simone Veil se verrait bien immortelle désormais et bringuerait sans intention dire le fauteuil de feu Pierre Messmer. Apprenant son refus de s’astreindre aux visites protocolaires auprès de ses futurs collègues, son bien-aimé Jean-Denis Bredin aurait même déniché une pratique inusitée depuis des siècles : l’acclamation qui permettrait à Simone Veil et à son char d’assaut médiatique de rejoindre le quai Conti sans la moindre éraflure d’orgueil. Avec à la clé, une visite à l’Elysée, chez le président Sarkozy, protecteur de l’Académie. Et à cela, tout le monde sait que Simone Veil ne résiste pas – trouvant le Président si trop dôle et si gentil…

http://www.liberation.fr/culture/livre/292961.FR.php

Une réponse à “La Simone Sainte”

  1. karine Papillaud dit :

    Un post qui dit si bien l’art de se faire des copines ! Merci de n’avoir respecté ni l’âge, ni le chignon.

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