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Archive pour 23 novembre 2007

Matthieu Galey : une élégance de fer

Vendredi 23 novembre 2007

Dîner rue du Vertbois l’autre soir avec François S., parisien pour ses recherches sur la « petite Colette ». Après sa biographie sérieuse de Marguerite Moreno (Editions Le Point sur les i), on attend avec une légère impatience ce nouveau document. Nous reparlons de nos aventures en Limousin, à la Foire du Livre de Brive-la-Gaillarde, d’Edmonde Charles-Roux et de ses Académiciens en vadrouille à Castel-Novel, éphémère demeure de Colette.
En bon mitterrandien, François évoque Defferre et nous parlons de la « bio-photo » que lui a consacrée en 2001 Edmonde Charles-Roux. Un album beaucoup trop grand pour nos sacs « 48 heures » que nous sommes, Adrien G. et moi, tremblants comme des enfants de chœur, allés lui faire dédicacer. Les deux derniers exemplaires que proposait le stand Grasset…
Je ne sais plus comment mais nous en sommes arrivés à discuter du formidable « Journal » de Matthieu Galey – peut-être à propos de cette anecdote idéale : en 1984, à la mort de Gaston, Pierre Joxe, un de ses amis d’enfance, est nommé par le président Mitterrand ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation. Galey lui envoie ce billet de félicitations : « sois de fer » ! Merveilleux.

Matthieu Galey, Journal, 2 tomes, Editions Grasset.
Edmonde Charles-Roux, L’homme de Marseille, Grasset.

La Simone Sainte

Vendredi 23 novembre 2007

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© RSR

A la lecture, ce matin, du papier de Nathalie Levisalles dans le cahier « livres » de Libération, je respire enfin. Une journaliste ose un mauvais papier sur la biographie de Simone Veil. On peut discuter l’argumentaire, mais le fait est rare pour le relever : quelqu’un en France s’attaque à l’icône et dit que son autobiographie est diablement ennuyante.
Trois semaines que sa biographie chez Stock lui attire toutes les louanges. Les plus éminents journalistes – de notre chère Annick Cojean à Nicolas Demorand, sans oublier le jury du Renaudot, sous l’influence de Franz-Olivier Giesbert, à deux doigts de lui remettre le Renaudot essai – se gargarisent de sa légendaire férocité, toujours excusée par son si fort courage de femme face à l’adversité – ce que je lui reconnais naturellement et sans discussion.
Profitant des bonnes dispositions des journalistes et sûre de n’être jamais remise à sa place (une femme politique de deuxième division, incapable de se confronter au suffrage universel, un score minable aux Européennes 89, une balladurite aïgue, bras dessus bras dessous avec Pasqua en 93), Simone Veil dégoise à tout va, et de manière carabinée – préférant liquider les morts (Mitterrand, Barre – c’eût été plus héroïque de s’attaquer à eux de leur vivant) ou les comateux (VGE, Bayrou), plutôt que de s’insurger face aux errements des temps présents. On aurait ainsi aimé plus forte voix pour dénoncer l’amendement Mariani.
Dans le Point, on apprenait encore que Simone Veil se verrait bien immortelle désormais et bringuerait sans intention dire le fauteuil de feu Pierre Messmer. Apprenant son refus de s’astreindre aux visites protocolaires auprès de ses futurs collègues, son bien-aimé Jean-Denis Bredin aurait même déniché une pratique inusitée depuis des siècles : l’acclamation qui permettrait à Simone Veil et à son char d’assaut médiatique de rejoindre le quai Conti sans la moindre éraflure d’orgueil. Avec à la clé, une visite à l’Elysée, chez le président Sarkozy, protecteur de l’Académie. Et à cela, tout le monde sait que Simone Veil ne résiste pas – trouvant le Président si trop dôle et si gentil…

http://www.liberation.fr/culture/livre/292961.FR.php